Kamis, 06 Februari 2020

Sur sa propre ignorance: et celle de beaucoup d'autres (PR.RI.PF.PHILO. t. 755)

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Sur sa propre ignorance: et celle de beaucoup d'autres (PR.RI.PF.PHILO. t. 755) Details

Dans Sur sa propre ignorance et celle de beaucoup d'autres, Pétrarque (1304-1374) nous propore, dans un style très vivant et avec une ironie souvent mordante, une excellente synthèse des idées auxquelles il tient de manière intransigeante : défense de l'Antiquité classique, exaltation de la poésie et de l'éloquence, primauté de la philosophie morale, rôle de la piété comme vraie sagesse. À une époque qui est encore, chronologiquement, le Moyen Âge, Pétrarque formule le premier des idées qui seront celles de l'humanisme naissant.

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« Sur sa propre ignorance et celle de beaucoup d'autres » est un petit traité polémique publié par Pétrarque en 1371, précédé d'une lettre sous forme de dédicace à son ami Donato Albanzani. La motivation de de Pétrarque, connu pour mal supporter la critique, vient de l'accusation formulée envers lui par 4 jeunes gens qui l'ont certes déclaré homme de bien, mais sans culture, notamment à propos de ce qui touche à la philosophie d'Aristote.Piqué au vif, Pétrarque se propose d'expliquer sa ligne de pensée tout en remettant en cause avec beaucoup d'ironie les arguments de ses adversaires : « ?mes juges, qui aiment mieux paraître philosophes que chrétiens ». Il pense également que s'il est attaqué de la sorte, c'est à cause des méfaits d'un des sentiments les plus répandus parmi les hommes : l'envie.Sur le fond, ce texte érudit, écrit en latin par Pétrarque et traduit en français par Etienne Wolff pour la présente édition, est assez facilement accessible, même s'il est truffé de citations et de références aux auteurs anciens, Platon, Aristote, Cicéron et Saint Augustin principalement. Pétrarque y laisse apparaître son aversion pour ce que l'on pourrait appeler, en faisant un parallèle sans doute un peu audacieux avec notre époque, la « postmodernité » de son temps : « personne donc désormais, à leur avis, ne peut-être cultivé s'il n'est en même temps hérétique, insensé, désagréable au plus haut point et arrogant ». Il développe par ailleurs les points qui lui sont chers : la défense de l'Antiquité classique qu'il idéalise au plus haut point, la réconciliation qu'il fait plus qu'ébaucher entre philosophie ancienne et christianisme (« ignorant la Révélation, Aristote ne pouvait savoir ce qu'étaient la vertu et la sagesse authentique », affirme-t-il) et l'exaltation de l'éloquence.Réfutant avec autorité ceux qui se contentent de commenter Aristote, Pétrarque prône dans son essai une recherche libre et rationnelle de la vérité. Comme l'explique Etienne Wolff dans sa préface « l'alternative n'est donc pas entre la vertu sans savoir ou le savoir sans la vertu, mais entre un savoir arrogant et vain et un savoir humble et stimulant » et tout au long de ce texte, on pourra ainsi mesurer les échos très actuels du combat mené par Pétrarque dans ce petit ouvrage vivifiant.

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